Texte 1 Juil Sur Mars, Curiosity met les gaz !

Presque 2 ans déjà sur la planète rouge, et c’est vraiment un bonheur de suivre l’aventure de Curiosity… le rover américain de la NASA se porte bien et continue de fournir moult informations scientifiques et aussi de belles photos de la surface de Mars.

Curiosity-image d'artiste

Curiosity-image d’artiste

Selon des explications données ces derniers jours par l’astrophysicien français Sylvain Maurice à Toulouse, Curiosity va maintenant accélérer le rythme de son voyage pour tenter d’atteindre d’ici Noël 2014 la zone du Mont Sharp, au sein du cratère Gale dans lequel il est posé.

Curiosity accélère donc sur ses 6 roues, mais reste prudent pour éviter tout incident. Il y a une semaine, il a même battu un record en parcourant 147 mètres en une journée. Il s’agit pour lui maintenant de réussir à passer sans encombre des dunes de sable, comme le montre cette photo prise ces derniers jours à l’arrière du rover.

Mars, le 29 juin2014 (Crédit :NASA)

Mars, le 29 juin2014 (Crédit :NASA)

A titre de comparaison, le rover américain avait parcouru 700 mètres la première année terrestre, et 7 km au cours de la 2ème !

Vue spectaculaire de Mars le 13 juin 2014 (Crédit : NASA)

Vue spectaculaire de Mars le 13 juin 2014 (Crédit : NASA)

Texte 4 Avr Encelade : une vie extraterrestre dans la banlieue de Saturne ?

Notre voyage dans le système solaire nous conduit aujourd’hui sur Encelade, l’un des 53 satellites connus de la célèbre géante aux anneaux, Saturne. Selon des révélations formulées ce jeudi 3 avril 2014 par les scientifiques de la Nasa, Encelade « pourrait » abriter une vie microbienne extraterrestre.

Cette affirmation est le résultat des mesures effectuées par la sonde Cassini, sous la surface du pôle sud de ce satellite de glace. Cassini avait été lancée en 2004 pour étudier l’environnement de Saturne.

Encelade (crédit:NASA JPL)

Encelade (crédit:NASA JPL)

Le pôle sud d’Encelade abrite donc une « mer » souterraine de la taille du Lac Supérieur aux Etats-Unis ( 2ème plus grand lac terrestre) et possède un fond constitué de roches, ce qui pourrait se prêter au développement de formes de vie primitives.

L’existence d’un tel océan souterrain avait été évoquée par les astronomes dès 2005 par la découverte de trous de vapeur (geysers ) s’échappant du pôle sud d’Encelade. Des jets de vapeur qui contiennent – selon la chef du projet Cassini à la Nasa Linda Spilker – de l’eau salée et des molécules organiques, ingrédients chimiques élémentaires pour créer la vie.

Geysers au pôle sud d'Encelade (crédit: Nasa JPL)

Geysers au pôle sud d’Encelade (crédit: Nasa JPL)

Texte 19 Mar 1 note Mise aux enchères du seul appareil photo revenu de la Lune !

Ce samedi 22 mars 2014, l’unique appareil photo de la Nasa revenu sur Terre après une mission sur la Lune sera mis aux enchères à Vienne en Autriche. C’est la galerie Westlicht qui organise cette vente – l’une des galeries les plus réputées au monde dans le domaine de la photo – c’est aussi une galerie connue pour avoir vendu aux enchères en 2012 l’appareil photo le plus cher du monde, un prototype Leica de 1923, adjugé pour 2 millions 160 mille euros !

Cette fois-ci , l’appareil photo à vendre est le fameux boîtier argenté qui était attaché à l’avant de la combinaison des marcheurs lunaires.

L'appareil Hasselblad au coeur des missions Apollo

L’appareil Hasselblad au coeur des missions Apollo

L’exemplaire qui cherche acquéreur est un Hasselblad (marque suédoise réputée pour sa qualité) porté par l’astronaute Jim Irwin, appareil avec lequel l’astronaute américain a pris 299 photos en trois jours sur la Lune lors de la mission Apollo 15 en juillet 1971. Il est mis en vente par un collectionneur italien qui l’avait racheté à un américain, et est estimé entre 150 000 et 200 000 euros.

Appareil Hasselblad des missions Apollo

Appareil Hasselblad des missions Apollo

Au total, 14 appareils photo ont voyagé sur la Lune lors des missions Apollo 11 à 17, mais cet exemplaire est le seul qui en est revenu, probablement parce que les astronautes (Jim Irwin et Dave Scott) n’ont pas réussi à en extraire le film ! Les 13 autres pesant chacun plusieurs kilos terrestres sont tous restés sur la Lune ( où ils se trouvent toujours, quel gâchis ! ) , pour permettre aux astronautes de ramener à la place davantage de pierres lunaires (voyez donc mon article précédent).

Alors comment être CERTAIN que l’appareil vendu aux enchères est bien CELUI qui est revenu de la Lune ? pas évident… selon le fondateur de la galerie autrichienne,  une petite plaque à l’intérieur du Hasselblad, contenant le numéro 38, est la même que celle qui apparaît sur les photos lunaires de la mission Apollo 15. C’est la preuve irréfutable ! ouaaais !  Bon, on lui croit sur parole… on n’a pas le choix… comment faire autrement ?

Texte 4 Mar 1 note Une véritable pierre lunaire visible à Paris

 

Si vous débarquez sur ce blog, c’est probablement que la Lune et l’histoire de sa conquête vous intéressent… si en plus, vous habitez en France, et particulièrement en région parisienne, ce qui va suivre va sans doute retenir votre attention.

Une exposition se tient depuis le 12 février 2014 au Muséum National d’Histoire Naturelle, au jardin des Plantes à Paris. Elle s’intitule sobrement « Nuit ». L’occasion de découvrir la vie des animaux la nuit, et de s’initier à l’astronomie.  Plutôt sympa comme idée,  surtout pour y amener nos enfants, mais bon on ne va pas sauter au plafond.

Et pourtant si.  Cette exposition qui se tient jusqu’au 3 novembre 2014 abrite une véritable pierre lunaire ramenée par l’une des missions Apollo.

L’objet – bien protégé dans un coffre-fort vitré – n’a pas spécialement été mis en valeur par les organisateurs de l’expo : il est placé dans un coin, dans la salle consacrée à l’astronomie. Tant mieux, on peut l’observer tranquillement. C’est l’occasion rêvée pour admirer une véritable roche lunaire sans aller aux Etats-Unis !

Elle est quasiment impossible à photographier dans son abri de verre illuminé :  les résultats sont désastreux, voyez ci-dessous, on n’y voit rien !

Des curieux admirent le caillou lunaire exposé à Paris

Des curieux admirent le caillou lunaire exposé à Paris

Impossible à photographier !

Impossible à photographier !

Des détails sur le caillou exposé

On apprend par les indications figurant sous la roche abritée par sa pyramide vitrée, qu’il s’agit en fait du fragment d’une roche lunaire de plus de 2 kilos terrestres. Elle fait partie des 77 kilos de roches lunaires ramenées en 1971 par la mission Apollo 15 à Rima Hadley.

Le fragment exposé à Paris correspond à une pierre ramassée par James Irwin lors de sa 2ème sortie extravéhiculaire (en compagnie de Dave Scott). Il a été collecté au point N.8 de leur sortie dans la plaine de Hadley. Cet endroit se situe en face de leur module lunaire Falcon.

in situ

Localisation 8 – mission Apollo 15 (crédit:NASA)

Mission Apollo 15, vue de la position 8. (crédit:NASA)

Mission Apollo 15, vue de la position 8. (crédit:NASA)

Selon mes observations de la roche Parisienne, (là,  je peux me tromper et je vous invite à me corriger !), il s’agirait d’un fragment de la Roche N°15058 (Roche surnommée Pink Rock)

fragment de la roche 15058-Apollo15 (crédit:NASA)

fragment de la roche 15058-Apollo15 (crédit:NASA)

Bref, tout cela pour dire qu’un coup d’oeil à cette roche vaut le coup. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Irwin et Scott en action sur la zone de collecte de la pierre (crédit:Nasa)

Irwin et Scott en action sur la zone de collecte de la pierre (crédit:Nasa)

Texte 24 Jan Pour ses 10 ans sur Mars, Opportunity joue au petit poucet

Pour son 10ème anniversaire de présence sur Mars, le rover Opportunity refait parler de lui.

Souvenez-vous, c’était il y a pile 10 ans – le 25 janvier 2004 – Opportunity se posait sur la planète rouge, dans la région de Meridiani Planum, afin d’explorer les bords de plusieurs cratères et de rechercher des indices de la présence d’eau dans le passé martien.  3 semaines plus tard, son jumeau, le rover Spirit se posait lui aussi, avec succès, dans le cadre de cette double mission de la NASA.

10 ans après, Spirit a rendu l’âme  (il s’est éteint en 2009). En revanche, Opportunity continue de rouler, alors qu’à l’origine sa durée de survie était programmée à 90 jours !

Opportunity vue d'artiste

Opportunity vue d’artiste

Si l’on reparle d’Opportunity aujourd’hui, c’est pour cette incohérence apparue sur l’un des clichés envoyés par le rover le 8 janvier 2014 : une petite roche de la taille d’un poing et de couleur blanche est apparue à un endroit où elle ne se trouvait pas 12 jours plus tôt, alors que le rover est stationné sur l’un des bords du cratère Endeavour.

Cette roche ressemblant à un « donut à la confiture » selon l’expression poétique de Steve Squyres -le principal scientifique de la mission- est l’objet depuis de toutes les discussions. A tel point que les scientifiques lui ont donné un petit nom : elle s’appellera désormais « Pinnacle Island ».

Images avant-après. (crédit:Nasa-JPL/Caltech)

Images avant-après. (crédit:Nasa-JPL/Caltech)

D’où vient «Pinnacle Island » ? que s’est- il passé alors que le rover n’a pas bougé durant cet intervalle ?

Deux hypothèses :

1-      Le gros caillou a été déterré par une roue du robot et projeté à cet endroit.

2-      Le caillou a atterri juste devant Opportunity après avoir été projeté à la suite d’un impact de météorite sur la surface martienne.

C’est l’hypothèse N.1  qui paraît la plus crédible. ( Elle a d’ailleurs été confirmée par la NASA le 15 février 2014, ce caillou est un morceau de roche plus grande, brisée et déplacée par une roue d’Opportunity )

Ce qui est amusant par ailleurs, c’est que l’examen de « Pinnacle Island » a permis de déceler beaucoup de soufre et de fortes concentrations de manganèse et de magnésium : une composition inhabituelle et différente ce qui a été observé jusqu’à présent.  L’explication la plus probable : la roche a sans doute été retournée lors de son déplacement, lui faisant exposer la face qui n’a pas été en contact avec l’air martien depuis des dizaines, des centaines, des milliers, peut-être des millions d’années. Car Mars reste à ce jour, rappelons-le, un paysage essentiellement immobile.

Manifestement, il n’y a rien de surnaturel ou d’extraterrestre dans la présence de cette roche, mais l’évènement est accueilli avec enthousiasme par les scientifiques,  et avec excitation par les journalistes qui peuvent enfin utiliser cette formule : « Découverte mystérieuse sur Mars » !

Une formule qui ouvre la porte à toutes les interprétations.

Pour le plaisir, voici ci-dessous, une superbe photo prise par Opportunity en juillet 2007 lors de son périple martien. Le rover était alors au bord du cratère Victoria. Fascinant !

Cratère Victoria-Mars-2007 (crédit:Nasa)

Cratère Victoria-Mars-2007 (crédit:Nasa)

Texte 17 Jan Le réveil de Rosetta, la Cendrillon européenne

Dans l’espace, il n’y a pas que des engins américains et chinois ! Ce lundi 20 janvier 2014 est un jour important dans l’histoire de la conquête spatiale européenne : la sonde Rosetta, sonde de l’ESA (agence spatiale européenne), lancée en 2004 par une fusée Ariane 5 pour partir à la rencontre d’une comète, s’est réveillée comme prévu et a  commencé à se préparer à sa sensationnelle mission. Rosetta, qui a déjà parcouru 7 milliards de km autour du soleil,  était en sommeil depuis plus de 2 ans et demi…

RosettaRosetta

Debout là-dedans !!!

Rosetta, gros engin de 12 mètres cube et 3 tonnes terrestres a commencé par déployer ce lundi ses deux immenses panneaux solaires de 14 mètres chacun.  Il lui a fallu d’abord rassembler suffisamment d’énergie pour pouvoir rétablir sa communication avec la Terre, distante actuellement de 800 millions de km.  Ce qui a nécessité plus de 8 heures, le temps de la réactivation de l’ensemble des systèmes à bord, et de l’envoi d’un premier signe de vie à la terre. Après 45 minutes de voyage spatial, le premier signe de Rosetta est parvenu aux antennes de la NASA à Goldstone aux Etats-Unis à 19h18 ce lundi heure française. Il a été confirmé dans la foulée par le Centre européen d’opérations spatiales de l’ESA de Darmstadt en Allemagne.

Le réveil de Rosetta marque le début d’une mission extraordinaire, jamais tentée auparavant : la sonde va aller à la rencontre d’une comète l’été prochain. Des boules de glace et de poussière présentées comme des « capsules témoins » de la naissance du système solaire, selon l’expression de Mark McCaughrean, l’un des responsable de l’exploration spatiale à l’ESA.

Rosetta vise la comète 67P/TG

La comète choisie  s’appelle 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Elle a 4km de diamètre. Pourquoi elle plutôt qu’une autre ? eh bien parce qu’elle a vécu des milliards d’années dans l’espace profond, qu’elle a été peu dégradée par les rayons solaires et que son témoignage sur l’univers pourrait être très lisible.

en fin d’année, en novembre 2014 précisément, Rosetta va même pousser l’exercice jusqu’à larguer un module bourré d’instruments scientifiques (21 au total) qui ira se poser sur la comète. Le module de près une centaine de kilos terrestres et est baptisé Philae. Si la mission réussit, il pourrait nous fournir les premières images au contact d’une comète.  Les scientifiques espèrent  recueillir de précieuses données sur notre système solaire… et peut-être même sur l’origine de la vie. Le réveil de Philae en vue de son atterrissage est prévu à partir du 28 mars 2014.

Rosetta, et son module Philea posé sur la comète (délire d'artiste)
Rosetta, et son module Philea posé sur la comète (délire d’artiste)

Terminons avec cette info bien terre à terre  : ce programme scientifique exceptionnel représente un coût d’environ 1 milliard d’euros.

Texte 2 Jan Première nuit lunaire pour Chang E3 et Yutu

2 semaines sur la Lune déjà pour le rover chinois Yutu ! 

Le surnommé « lapin de jade », vedette de la mission Chang E 3, s’est posé sur la lune le 14 décembre 2013 (voir post précédent) dans la mer des Pluies à une soixantaine de mètres seulement d’un « gros » cratère de 450 mètres de diamètre et de 40 mètres de profondeur.

(crédit NASA/GSFC/Arizona State Univ.)

(crédit NASA/GSFC/Arizona State Univ.)

Ci-dessus, la position de Chang E 3 par rapport au rover soviétique Lunkhod 1.

Yutu affronte depuis le 25 décembre sa première nuit lunaire (qui dure rappelons-le, 14 jours terrestres). Une véritable épreuve pour ce petit rover d’un mètre 50 qui doit supporter des températures de 180 degrés en dessous de zéro. Le « lapin » possède heureusement pour se réchauffer un petit radiateur nucléaire. Il verra le soleil se lever le 12 janvier, d’ici là, il faut supporter le choc. Et les ingénieurs chinois comptent sur un réveil réussi…

Avant de plonger dans la nuit lunaire, Yutu et son alunisseur ont pu être photographiés par la NASA. Précisément par l’œil « LROC » de la sonde américaine « LRO » Lunar Reconnaissance Orbiter. LRO est habituée à ce genre d’exercice, c’est grâce à elle que nous avons pu revoir les vestiges des missions Apollo (voir mes nombreux articles précédents). Cette fois-ci LRO a survolé le site de Chang E 3 à une altitude de 150 km. Ce qui a donné le cliché suivant.

(Crédit:NASA/GSFC/Arizona State Univ.)

(Crédit:NASA/GSFC/Arizona State Univ.)

La grosse flèche indique la position de l’alunisseur de la mission Chang E 3, et la petite la position du rover Yutu, qui a parcouru pour l’instant une quarantaine de mètres.

Lroc change3Ci dessus, les positions des cratères, par rapport au cliché. (Crédit:Di Lorenzo and Kremer)

Rendez-vous à la mi janvier pour le réveil du lapin de jade !

Texte 18 Déc "GO" pour "Gaia", l’arpenteur de la galaxie

C’est à 10h12 heure française qu’a été lancé ce jeudi 19 décembre 2013 du centre spatial de Kourou en Guyane, le téléscope spatial européen GAIA. Un engin de haute précision construit à Toulouse par la société Astrium pour le compte de l’Agence Spatiale Européenne. GAIA a été propulsé par une fusée Soyouz.

Gaïa - vue d'artiste

Gaïa – vue d’artiste

Gaia c’est quoi ?

Dans la mythologie Grecque, Gaia est une déesse, identifiée à la “déesse-mère” ( cliquez ici pour plus d’info ) Pour ce qui nous concerne, Gaia est un double-téléscope – d’un poids terrestre de 2 tonnes et de 4 mètres de haut – capable de voir des étoiles dont l’éclat est 400 000 fois plus faible que celles visibles à l’oeil nu. Il va être positionné sur une orbite très éloignée de la Terre, à environ un million et demi de km. Durant une mission prévue pour durer 5 à 6 ans, il va localiser, photographier, mesurer avec précision la distance d’un milliard d’étoiles… des données qui pour la plupart de ces corps célestes, n’ont jamais été établies avec précision…

Gaia permettra de réaliser une cartographie en 3D dela Voie lactée,  de réaliser un atlas du ciel d’une précision inégalée, de reconstituer on l’espère, l’histoire de la formation de notre galaxie. Bref, de tenter de mieux comprendre notre place dans l’univers.

En  France, cela veut dire beaucoup de travail pour le CNES. Le centre national d’études spatiales effectuera le traitement de près de 40 pour cent des données envoyées par le satellite GAIA.

Texte 16 Déc Ce matin, un lapin, s’est posé sur la Lune !

Il s’appelle donc Lapin de jade – ou Yutu en Chinois. Ce joli rover en photo ci-dessous fait ses premiers tours de roue sur la Lune.

Dans le cadre de la mission Chinoise « Chang E 3 », freiné dans sa descente par ses rétrofusées, notre lapin s’est posé dans la baie des Arcs en ciel ce 14 décembre 2013. Un endroit qui se situe en haut a gauche quand on regarde la lune de la Terre ( secteur du golfe des Iris, appelé aussi Sinus Iridum ). Le rover radioguidé est conçu pour résister à des écarts de températures de 300 degrés Celsius afin de supporter la nuit lunaire. Durant au moins trois mois, il va effectuer des analyses scientifiques, faire des photos dont certaines en trois dimensions, et se déplacer à une vitesse maximale de 200 mètres par heure.

Yutu roule sur la lune ! (AFP)

Yutu roule sur la lune ! (AFP)

C’est la première fois dans l’histoire de la conquête spatiale que la Chine parvient à poser en douceur un engin roulant sur la Lune. Les prédécesseurs de Yutu étaient américains ( les LRV des missions Apollo ) et soviétiques (les Lunokhod). Le précédent alunissage en douceur remonte à la mission soviétique Luna 24, c’était l’été 1976… il y a plus de 37 ans…  la Chine entre donc dans le cercle restreint des pays ayant atteint l’astre de nos nuits.

Le lapin de jade, fierté Chinoise

Le rover Lapin de Jade affiche visiblement sur son flanc le drapeau rouge de la République Populaire. Il fait depuis ce week-end la fierté de son pays. D’ailleurs le numéro un Chinois Xi Jiping et le premier ministre Li Keqiang se sont déplacés au Centre de contrôle spatial de Pékin hier soir, pour l’annonce officielle du succès total de la mission Chang E 3.  Le rover Yutu est la 3ème mission lunaire des Chinois, elle intervient après Chang E 1 ( octobre 2007 ) et Chang E 2 (octobre 2010). Voyez mes articles précédents pour plus d’infos.

Pas mécontents les Chinois !

Pas mécontents les Chinois !

Chang E 3. Juste une étape.

Chang E 4 est prévu en 2015, ce sera aussi un rover. Viendra ensuite l’attendue mission Chang E5 qui devrait permettre en 2017 un retour d’échantillons lunaires.  Tout cela sera un préalable à ce qui nous attend à l’horizon 2025 : un probable chinois sur la Lune.  C’est l’objectif à peine dissimulé des dirigeants Chinois. Le 13ème homme sur la lune sera Chinois, disais-je dans un article précédent.  Nous n’y sommes pas encore, mais nous y allons.

Texte 10 Déc Un lac sur Mars. Autrefois.

Après un an et demi passé sur Mars, il est grand temps pour la NASA de dresser un bilan d’étape du périple de son robot vedette Curiosity. L’annonce des scientifiques qui vient de paraître dans la revue américaine Science est donc une sorte de document de synthèse sur  l’ensemble du travail réalisé sur la planète rouge par le célèbre rover.

Vue générale de Yellowknife bay (crédit: Nasa/JPL)

Vue générale de Yellowknife bay (crédit: Nasa/JPL)

Yellowknife Bay. Premier lac martien identifié.

Et comme il est de bon ton d’élargir son audience au-delà de la communauté scientifique, les représentants de l’agence spatiale américaine ont choisi cette formule choc : Curiosity a découvert pour la première fois des preuves directes de l’existence d’un ancien lac d’eau douce sur Mars ! waouh. Ça en jette. On dirait que la découverte date de cette nuit ou de la nuit précédente.

En fait non : il a fallu plus d’un an de forages et de piétinements à Curiosity et autant d’analyses de données aux scientifiques pour en arriver à cette conclusion : les roches martiennes situées dans le cratère Gale – précisément dans une dépression baptisée Yellowknife bay –  contiennent des traces de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote et de soufre, qui « fourniraient les conditions idéales pour une vie microbienne élémentaire ».  C’est vraiment identique à un environnement que l’on peut trouver sur Terre, se plait à déclarer John Grotzinger, professeur de géologie à l’Institut de technologie de Californie, directeur scientifique de la mission. A ce stade cependant, aucune forme de vie n’a été détectée dans les roches.

Cependant, Curiosity a effectué des forages dans des fragments de grès et y a découvert des minéraux argileux suggérant une interaction avec de l’eau.  Des roches qui selon les scientifiques, apportent la preuve de l’existence d’un lac dans le cratère Gale il y a plus de 3 milliards d’années.  Evidemment, aujourd’hui, plus aucune trace ni de lac, ni d’eau à l’état liquide. Mars est bien un lieu désertique et inhospitalier.

Curiosity prend en photo ses propres roues -photo du 8 décembre 2013 (crédit: Nasa/JPL)

Curiosity prend en photo ses propres roues -photo du 8 décembre 2013 (crédit: Nasa/JPL)

Ce rapport d’étape confirme en tout cas le succès de la mission MSL Curiosity. Le rover de la NASA a fait du bon boulot, et ce n’est pas fini. Il se dirige maintenant vers les pentes du Mont Sharp. Les géologues espèrent  y observer des stratifications de roches qui permettront des datations plus précises des évènements géologiques martiens.


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